D'où vient le handpan ? Son histoire, de Trinidad à Berne

Steelpan de Trinidad martelé dans un fond de baril peint en bleu, posé sur son pied

Mis à jour le 5 octobre 2026.

Le handpan est né à Berne, en Suisse, en 2000, dans l'atelier de Felix Rohner et Sabina Schärer. Ils l'ont appelé Hang. Son histoire commence pourtant soixante ans plus tôt, sur une île des Caraïbes, avec des barils de pétrole.

Avant le handpan, le steelpan de Trinidad

Dans les années 1930 et 1940, à Trinité-et-Tobago, les musiciens du carnaval jouent sur des bidons et des boîtes en métal. Vers 1947, ils adoptent le baril de pétrole de 200 litres : on en martèle le fond pour y former des zones bombées, et chaque zone donne une note. C'est le steelpan, qu'on appelle aussi steel drum.

En 1951, un orchestre de Trinidad dont tous les instruments sont taillés dans des barils joue au Festival of Britain, à Londres. Le steelpan quitte son île.

Le principe du handpan est déjà là : une tôle d'acier martelée, une note par zone.

Un atelier de steelpans à Berne

Felix Rohner entend un steelpan pour la première fois en 1976. Avec des amis, il monte le premier orchestre suisse qui joue sur des steelpans faits de ses mains, puis, en 1993, un atelier qui en fabrique et en accorde : PANArt. Sabina Schärer le rejoint en 1995. Pendant des années, tous deux cherchent à améliorer l'acier et l'accordage.

Le jour où un percussionniste apporte un pot en terre cuite

Le 20 novembre 1999, le percussionniste Reto Weber vient à l'atelier avec son ghatam, un pot en terre cuite du sud de l'Inde qui se joue à mains nues. Il demande si PANArt pourrait en faire une version en métal, qui ne casse pas.

Rohner et Schärer assemblent deux calottes d'acier bombées, presque une sphère. Pendant l'hiver 2000, ils essaient plusieurs formes et aboutissent à l'instrument qu'ils baptisent Hang, « main » en bernois (le mot veut aussi dire « pente », comme le flanc d'une colline).

Le Hang tient sur les genoux et se joue du bout des doigts. Il est fait de deux coques d'acier nitruré collées par leur bord. Sur le dessus, une note grave en dôme au centre, et sept ou huit notes autour. Dessous, une ouverture : en frappant près d'elle, on fait résonner l'air contenu dans l'instrument, ce qui donne une basse sourde, proche de celle du ghatam.

Un instrument rare dès le départ

En mars 2001, le Hang est présenté et vendu au public pour la première fois, au salon de la musique de Francfort. Les demandes affluent, mais l'atelier préfère faire évoluer l'instrument plutôt que d'en produire davantage. Une deuxième version sort en 2006, puis l'Integral Hang en 2008.

En 2006, PANArt cesse de passer par des revendeurs. En août 2007, il ferme son adresse e-mail : pour obtenir un Hang, il faut écrire une lettre, puis venir le chercher à Berne. Avec le Free Integral Hang, à la fin des années 2000, seules quelques personnes parmi celles qui ont écrit sont invitées à l'atelier pour choisir le leur.

En décembre 2013, PANArt annonce qu'il ne fabriquera plus de Hang.

Pourquoi on dit « handpan »

Le nom Hang appartient à PANArt. En 2007, un atelier américain de steelpans emploie sur son site les mots « hand pan » pour décrire l'instrument qu'il met au point : la main, en anglais, et le pan, comme dans steelpan. En 2009, la création du forum handpan.org installe le mot, qui désigne depuis toute la famille d'instruments née du Hang.

Vous lirez aussi « hang drum ». Ses inventeurs n'ont jamais aimé ce nom, car pour eux le Hang n'est pas un tambour. On le croise pourtant partout, et il désigne le même instrument.

Et aujourd'hui ?

Des centaines d'ateliers fabriquent des handpans dans le monde, environ 300 selon l'article Handpan de Wikipédia. Le geste n'a pas changé depuis 2001 : on joue la note grave du centre, puis les notes qui l'entourent, du bout des doigts et en rebond. Notre article comment jouer du handpan montre les premiers gestes.

Les gammes, elles, se sont multipliées. Nous avons choisi le D Kurd (Ré mineur Kurd), une gamme où toutes les notes s'accordent entre elles : la première mélodie sonne juste, même sans solfège. Pour savoir combien de notes prendre, lisez notre guide choisir son handpan, ou écoutez nos handpans en D Kurd.